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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 11:30

Coucou les gens !

 

Bon alors j'ai carrément la pêche bien que je

subisse de noooombreux revers décoratifs en

peignant mon dressing actuellement, je vous en

parle plus tard, mais surtout parce que je passe

à la radio !

 

Voui !!

 

En fait je veux remercier une personne très gentille,

Mme Eliane Marny, qui est conteuse et qui raconte

des histoires dans son émission "L'oreillette à Lulu"

sur la radio associative "AlterNantes", dans la région

de Nantes- St Nazaire. Eliane avait lu mon "Conte du

trésor perdu" (pour le lire cliquez ici et passez la très

longue intro svp) et elle a décidé de le raconter à la

radio, lors de son interview sur Alternantes !!!!

 

Et moi je suis trop fière !!!!!!

Merci Merci Merci Merci madame Eliane ça me fait

trop plaisir !

 

Pour écouter l'émission en podcast :

 

Zig Hospi

 

La classe !

 

je vous le fait pas dire !

 

Gros bisous les loulous.

So6

 


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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 19:38

Chers amis, chères amies,


D'abord je voudrais vous dire merci, parce qu'en gros :

vous êtes supers. Déjà parce que dans un grand

mouvement de solidarité, que dis-je une déferlante, 

des tas de gens se sont précipités sur Facebook

pour m'ajouter comme amie, et ça fait plaisir de voir

votre tête (pour ceux qui auraient pas suivi : tapez

Saucisse Intrinsèque et recevez beaucoup plus de

nouvelles de Saucisse que vous n'auriez jamais voulu

en avoir) ou pour devenir mon fan (pour ceux qui n'au-

raient pas suivi, tapez Saucisseintrinsèque,

la page qui rassemble l'ensemble de mes noooooombreuses

activités, et cliquez juste sur "devenez fan". C'est tout.)

 

Donc en fait, j'ai maintenant au moins 13 amis !!!!!!!

Mais moi, plus que le nombre, c'est les commentaires

que vous faites quand vous m'ajoutez, du genre "Saucisse tu

es super" ou "continue Saucisse on est avec toi" ou "Merci

Saucisse pour les bons moments devant mon ordi" que j'adore.

Et ça, les amis, ça me va directement tout droit au chaud

dans mon petit coeur.


Je vous le dis avec ma petite larme à l'œil, vous savez,

parce que c'est vrai. Ca fait longtemps que j'ai pas publié

dans cette rubrique, mais là, pour le coup, je vous mets tous

directement dans le même panier, celui des "Personnes

Formidables".

Oui oui,

vous êtes tous mes petits PF. Donc, tout d'abord, un grand

merci et un gros bisou. Ravie de vous faire rigoler, et aussi,

parfois de vous émouvoir. Mais refermons la parenthèse.

 

Oui car je peux aussi, vous le savez, être TRRRRREEEES

méchaaaaante ... HIN HIN HIN HIN.

Par exemple, j'aime bien faire mariner les gens ...

(Certains mecs pourrons d'ailleurs vous renseigner à ce sujet ...)

Et là, j'ai décidé que PUISQUE c'est l'objet du mois que vous

attendez, faudra encore attendre HYARK HYARK bien fait !

(Et ça n'a rien à voir avec le fait que je suis en panne d'objet

du mois, hein, pas du tout, pfouuulà mais non qu'est-ce que

vous allez imaginer.)

 

En fait, en ce moment je stresse donc je ne dors pas, et

vous savez ce qui se passe quand je ne dors pas ? Hein?

Vous savez ce qui se passe?

Vous avez bien une pôtite idée? Non ?

Eh ben, quand j'ai des insomnies j'écris des contes, la nuit.

En fait, c'est un moment privilégié, je suis à moitié dans le

gaz, donc je ne sais pas trop si ce que j'écris est un rêve

que j'ai fait ou si c'est la réalité.

Mais bref, mon cerveau embrumé "pond" quelque chose !

Donc, ben... faut bien que ça serve, alors... Je vous le sers

tout chaud ... Ce coup-ci c'est comme une parabole, je sais

pas ce que vous pourrez en faire, mais moi je sais pourquoi

j'ai fait ce rêve. Bonne lecturche ...

 

So6

 

 

 

 

                   Le Trésor Perdu.

 



Chapitre 1.

Il était une fois un pirate, qui voguait sur les mers.
Le pirate voguait, mais il ne savait pas trop à la recherche de

quoi il était.
En tant que pirate, il lui semblait qu'il aurait dû être à la recherche

d'un trésor.

Un jour, en accostant sur une île qu'il n'avait pas encore visitée

jusque là, il aperçut un coffre scellé qui gisait là, sur la plage.
Tout excité, il se mit en quête d'un objet qui lui permette d'ouvrir

le coffre.
C'était la première fois qu'il trouvait un coffre, scellé de surcroît,

et qui scintillait de mille feux au soleil.
Il le convoitait.
Surtout, il convoitait ce qu'il y avait à l'intérieur. Il s'imaginait

qu'il devait y avoir là un fabuleux trésor, en tous cas si le contenu

était aussi magnifique que l'extérieur, qui était tout recouvert

de ferronneries ouvragées de grand prix.

Mais le coffre refusait de s'ouvrir.
Il avait beau essayer de le forcer par tous les moyens, il

n'arrivait pas à faire céder son cadenas, et cela le rendait fou

à lier : il faisait des danses autour du coffre, s'acharnait, essayait

tout ce qu'il pouvait trouver pour l'ouvrir, en vain. Le coffre

continuait à étinceler au soleil, comme un fruit défendu.
A la fin, le pirate alla s'abriter un peu plus loin sous les feuilles
d'un grand arbre tropical, car un lourd orage s'annonçait.

Epuisé, il s'endormit.

Il fut réveillé par le bruit du tonnerre : un coup de foudre le fit

sursauter.
Puis des pluies torrentielles s'abattirent sur l'île. Lorsque l'orage

fut terminé, et que le soleil recommença à darder ses rayons,

le pirate sortit de sa cache pour aller voir ce qu'il était advenu

du coffre.

Quelle ne fut pas sa surprise, de voir que la foudre avait ouvert

le coffre !
Mais grande fut sa déception, car il vit que le magnifique coffre

était vide.

Chapitre 2
.

Le pirate, déçu, repartit voguer sur les mers.
Au matin du douzième jour, il accosta à nouveau sur une île.
Il croyait être arrivé au même endroit, car il y avait aussi un

coffre sur le sable fin de la plage.
« Incroyable, se dit-il. Encore ! »

Il s'approcha, mais il ne s'agissait pas du même coffre, celui-

ci était plus petit que le premier, et il était aussi légèrement

entrouvert.
« Incroyable ! » Se dit le pirate. Il l'ouvrit.

A l'intérieur, d'énormes agates et des pierres précieuses de

toutes sortes, ainsi que des louis d'or, étaient amoncelés.

Le pirate n'en croyait pas ses yeux.
Mais qui avait donc pu abandonner là un tel trésor? Comment

se faisait-il que personne ne s'en soit encore emparé?
Il regarda alentours. Personne. « C'est incroyable », se dit-il.
Qu'elles étaient les chances pour que lui, un pirate, tombe sur

un trésor oublié sur une île déserte, qui n'appartenait à personne?

Il se réjouit.

Le soir, il fit un grand feu et dansa autour du trésor.
Quelle joie ! Il avait trouvé un trésor ! Il était riche ! Il pouvait

rentrer chez lui à présent ! Peut-être s'achèterait-il une maison?

Ou un autre bateau plus grand, plus beau.
Il s'endormit, en rêvant à toutes les belles choses que le trésor

lui permettrait de faire.

Mais lorsqu'il se réveilla, le pirate avait mal à la tête. Sans doute

avait-il trop bu de rhum la veille, mais il lui semblait qu'il n'y avait

pas que cela.
Il était de mauvaise humeur. « C'est la faute à ce maudit trésor »,

maugréa-t-il. Et il donna un coup de pied dans le coffre, faisant

tinter et tomber une agate ou deux sur le sable. « Ce trésor va

me priver de ma liberté », pensa-t-il.

Et, comme d'autres pirates avant lui, le pirate décida de ne pas

prendre le trésor, et de ne pas rentrer chez lui.

Chapitre 3


Lorsqu'il fut en mer, et bien loin de l'île, le pirate fut pris de

remords. Qu'est-ce qui lui avait pris?  Quelle chance y avait-il

pour qu'une occasion pareille se représente? Ses ancêtres

avaient fait parler les armes et couler le sang dans l'espoir de

trouver un tel trésor, en vain. Ils avaient tous fini pauvres

comme job, et pendus haut et court.
Et lui, il en trouvait un, mais il le laissait à la merci de la mer

et des crabes? Qu'est-ce qui n'allait pas chez lui?
Bon sang! pensa-t-il. Quel imbécile je fais ! Il faut que j'y

retourne !

Retrouver l'île lui prit des jours et des jours. Il se trompait sans

cesse de direction. Puis, il essuya des tempêtes.
Un jour enfin, la plage tant recherchée apparut devant la proue

de son navire. Il était tellement impatient de retrouver son trésor,

qu'il se jeta à l'eau et nagea jusqu'au rivage, sans attendre

d'avoir pied.

De loin, il voyait le petit rectangle rouge du coffre se détacher

sur la grande étendue blanche et cristalline du sable. Il lui tardait

de prendre ces petites pierres étincelantes dans ses mains, et de

se sentir comblé, un homme riche à nouveau.

Mais lorsqu'il arriva et se pencha sur le coffre, il vit que celui-ci

était vide : quelqu'un d'autre avait dû passer par là.

Le pirate pleura amèrement de sa déconvenue.
Mais il en tira les leçons pour plus tard : la prochaine fois que je

trouverai un trésor, se dit-il, je ne laisserai personne s'en approcher,

et il sera à moi.
La liberté n'est un trésor que si elle est partagée, et le vrai trésor est

d'avoir un port où accoster.

Et sur ce, un peu triste, le pirate repartit voguer sur les mers.

                                                       FIN

 

 

 

Ce conte est dédié à tous les @%&◊# pirates de ce monde, en espérant qu'il vous fera réfléchir...

(Si tant est qu'un pirate réfléchit.)


©Copyright Saucisse 2010

 

 

 


 


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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 00:23

Ce conte s'inspire d'une histoire vraie.


                                          Aux Amours Evanescentes,
                                             Qu'elles durent toujours.


L'Homme et le Thon Arc-en-ciel.
                                  
                                
Texte et illustrations de S. Laibe


Il était une fois, un homme qui partit sur la mer.
Son bateau cinglait sur les flots, tantôt agité par les vagues, tantôt roulant doucement
sur la surface calme et bleue.

Un jour de grand calme, tandis que la mer miroitait tout alentour du bateau, l'homme
qui vivait à bord se décida à pêcher.
Il n'avait pas vraiment besoin de nourriture, car ses placards étaient pleins de con-
serves, mais il s'ennuyait, et il voulait corser un tant soit peu sa journée; il se disait
qu'il trouverait bien dans ses tiroirs de quoi assaisonner le produit de sa pêche.



Le pêcheur jeta sa ligne à l'eau.
Au dessous de la surface, à quelques mètres de là, ce n'était que mouvement. Les courants
contraires se côtoyaient, ondulaient, portant dans leur canaux une infinité de créatures
marines de toute nature, de poissons de toutes les tailles se croisant, se pourchassant
ou avançant prudemment.  Certains agitaient leurs nageoires, de manière frénétique,
sur un rythme saccadé et nerveux; d'autres se laissaient dériver lentement dans les cou-
rants, placides.

Tous ces poissons étaient gris, reflétant les rayons du soleil dans le métal argenté et
dur de leurs écailles. On ne voyait pas le fond : la mer était seulement composée de
nappes de plus en plus froides, et de moins en moins éclairées, qui semblaient empi-
lées à l'infini.

En haut, sur son bateau, l'homme somnolait à demi sur le pont.
Il était presque midi, et le soleil était à son zénith.
Le pêcheur avait protégé son front et sa tête d'un foulard humide noué sur sa nuque.
Aveuglé par l'intense clarté de la mer, il avait du mal à garder les yeux ouverts, mais
surveillait tout de même sa ligne de temps en temps.
Lorsqu'il ouvrait les paupières, ses yeux mettaient quelques secondes à s'accoutumer
à la brillance de tout, et lorsqu'il les refermait, il avait l'impression que l'intérieur de ses
yeux était rouge.

Le temps passa. L'homme finit par s'assoupir.

Au bout de quelques temps, un choc brutal réveilla le pêcheur en sursaut : c'était le filin
de pêche qui s'était violemment tendu, avec une puissance telle qu'il avait fait tanguer
légèrement le bateau.

"Dame, se dit le pêcheur. ça doit être une grosse pièce."

Une deuxième secousse fit bouger le bateau, cette fois de manière plus brusque encore.
Le pêcheur, qui œuvrait à remonter sa prise, faillit perdre l'équilibre.
"Il faudra bien que j'y arrive", se dit-il, en s'arc-boutant de toutes ses forces.
Il n'y avait personne pour l'aider à bord du bateau.

Alors il se livra une lutte acharnée.
L'énorme poisson, rattaché au fil, était un grand thon, que le pécheur eût toutes les peines
du monde à maîtriser, puis à remonter sur le pont. L'animal se débattait comme un diable,
se tortillant et battant de la queue avec fureur pour se débarrasser de ce crochet qui lui
déchirait la gueule, et de cette douleur insupportable qui traversait son corps en de gros-
ses secousses terribles. Le thon avait l'impression de recevoir des chocs électriques dans
le corps, comme cette fois où, plus jeune, et ignorant, il avait attaqué un poisson torpille et
l'avait amèrement regretté.

Epuisé, il se laissa remonter tandis que les contractions se faisaient plus petites à mesure
qu'il suffoquait. Pendant qu'il se sentait mourir, le thon vit le pécheur, cet être bizarre, petit
avec de longs membres en bas et en haut qui se tenait à la verticale, et qui tenait dans son
poing le fil qui l'écorchait.
Il vit aussi le bateau, ses grandes surfaces lisses et blanches, son sol vert goudronné.
Il regarda au loin, et fut vraiment étonné de voir toute cette surface bleue et plane, qui s'éten-
dait à l'infini autour du bateau.
Puis, il ne vit plus que du noir, et la douleur le submergea.

Le pêcheur reprit son souffle.
Le thon avait cessé de battre de la queue, et il put enfin décontracter les muscles de ses
bras. Puique l'animal avait cessé de bouger, il put l'observer, tandis qu'il se séchait
et s'épongeait le front, car la lutte avec le thon l'avait éclaboussé d'eau et de sang.

Le poisson, long d'un bon mètre soixante-quinze, ressemblait à un cuirassé de guerre, parfaite-
ment profilé, avec une tête et une queue énorme. La taille de sa gueule était au moins le
double du visage de l'homme.
Son oeil rond semblait le regarder avec étonnement et tristesse. Ses nageoires, dont la
menbrane était striée dans la longueur, collées le long de son corps, ressemblaient à des
ailes qui ne pouvaient plus voler. Le thon était à présent inerte sur le pont.



Le pêcheur regardait le thon.
Ce qui frappait sa rétine, c'était le miroitement infini de toutes ses écailles, rangées sur
son dos comme une constellation de diamants, qui brillait de mille feux sous le soleil ardent
de midi.
Chaque petite surface réfléchissait comme un miroir les mille couleurs irisées de l'arc-en-ciel,
et l'homme était frappé par la beauté et l'impossibilité d'une telle parure, plus belle qu'au-
cune pièce que le meilleur orfèvre royal eût pu fabriquer.

Tout à coup, l'homme, soit à cause de la chaleur, soit à cause de l'épuisement, ou encore,
en voyant la petite mare de sang sous la gueule du grand poisson, parce qu'il réalisait ce
qu'il avait fait, se sentit faible, et dût s'asseoir.
Une sorte de nausée s'empara de lui.
C'est alors qu'il l'entendit.

"L'Homme".
Le pêcheur se demanda s'il devenait fou.
Il entendait cette voix dans sa tête, comme si elle venait du thon lui-même.

"L'Homme, pourquoi m'as-tu mis à mort?" lui demanda le thon.
Abasourdi, l'homme se mit à répondre au thon, toujours par la pensée.

"Je... je ne sais pas. Qui es-tu? demanda l'homme.



- Je suis le thon arc-en-ciel, répondit le thon. Je suis le plus gros poisson de cet endroit.
Les créatures du dessous savent qui je suis et me respectent. Les petits poissons ont
peur de moi et les crustacés rentrent dans leur rocher quand ils me voient. J'ondule dans
les courants, tantôt en haut vers la lumière, tantôt dans les profondeurs, et tous me connais
-sent.

- Je ... je ne savais pas...

- Tu as commis une grande faute en me tuant, l'homme. Je ne suis pas n'importe quel thon.
Je suis le thon arc-en-ciel, celui qui transporte sur son dos toutes les couleurs du fond
des mers. Mes écailles sont un prisme, qui capturent le rouge de l'anémone de mer, le bleu du
corail, le vert des algues, l'ocre de la vase, le blanc des coquillages...
En me tuant, tu as privé mes semblables de la vue, et mon monde de ses couleurs.

- Je... je ne savais pas... Je regrette...

- Regarde : ici aussi mes couleurs s'en vont : mon sang devient noir et mes écailles gris terne.
Les rayons du soleil sont désormais impuissants à produire les éclats scintillants qui me
paraient de lumière, et les battement de ma queue ne produiront plus de nuages de petites
bulles multicolores sous la surface. Je suis mort. Je suis terni et souillé à présent.

- Je ... je suis vraiment navré, grand thon. Je suis stupide...Je ... Je voulais... Je ne sais plus.
Ne puis-je pas réparer ma faute ? Je suis si triste d'avoir pris ta vie...

- Je ne peux plus exister sous cette forme désormais. Mais si tu emmènes ma dépouille vers
un point que je t'indiquerai, tu pourras racheter ta faute. "

Alors, l'homme reprit la barre, car le thon lui avait dit de naviguer.
L'homme ne toucha pas le thon. Il ne le jetta pas non plus à la mer, et pendant qu'ils
naviguèrent, miraculeusement, sa dépouille resta intacte, et aucune odeur écœurante de
poisson ne s'en dégagea.

L'homme ne savait pas combien de temps il avait navigué.
Il ne savait pas non plus s'il avait vraiment navigué, car il avait l'impression d'agir comme
dans un rêve.

Ils atteignirent le but.
"Arrête-toi ici, dit le thon.
A présent, tu dois me rejeter dans la mer, et ta faute sera pardonnée.
- Mais? Tu es sûr? Tu ne peux plus nager, tu es ...
- Ne t'occupes pas de ça. Jette-moi seulement.
- D'accord. "

Ainsi fut fait.
En prenant le grand poisson dans ses bras, l'homme se rendit compte, à sa grande
surprise, qu'il était devenu léger comme l'air.
Il le hissa, le regarda une dernière fois : les petites lames de ses écailles étaient redevenues
éclatantes, et mille arc-en-ciel lui brûlaient la rétine, à tel point que devant tant de beauté
des larmes coulèrent de ses yeux.

"Adieu, dit le thon. Tu as réparé ta faute et tu es pardonné.
Lorsque tu le voudras, viens voir le fond des mers, et tu verras que les couleurs y sont
revenues."



L'homme peu après glissa dans l'eau transparente, et plongea.
Le spectacle qu'il vit alors sous la surface le transfigura : des milliers de petits poissons,
de toutes les couleurs, bien plus qu'il n'aurait pu en imaginer, semblaient danser un
ballet aquatique gigantesque.
Sur le fond sablonneux, des coraux multicolores et des algues fluorescentes dansaient,
cachant des petits habitants à zébrures et à pois.
Jamais l'homme n'avait vu autant de motifs et de couleurs différentes.
Il admira ce tableau un moment, puis, à court d'air, il dût s'arracher au spectacle et remonter.

Sur le pont brûlant du bateau, les traces humides de ses pieds disparaissaient aussi vite
qu'il les imprimait.
Le soleil était à son zénith.
L'homme ouvrit ses yeux mi-clos, et se réveilla tout à fait.



Un tout petit nuage commençait à voiler les rayons du soleil.



                                                               Fin.

Saucisse, avril 2009.

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 15:50
Salut les amis.
Cette nuit, j'ai fait une insomnie.
Je fais souvent des insomnies, j'arrive pas à dormir parce que je
réfléchis à mon avenir (ou à mon absence de.)
Cette nuit, l'encre a coulé de mon stylo, toute seule, et j'ai écrit
un conte.

Seul problème, euuh... je ne suis pas sûre que ce soit un conte pour les
enfants... Ou alors, les grands enfants... Je vous laisse seuls juges...
Bonne lecture.



     LE CONTE DE FÉE À L'ENVERS,
              ou le Prince Imbécile.


Il était une fois, un château.
Le chäteau était entouré de ronces, ce qui le rendait inatteignable, et dans
ce chateau était enfermée une personne.
Mais, au lieu d'être une princesse, l'être qui était enfermé était un homme.
Plus exactement, c'était un prince.

 

Le prince tournait en rond, encore et encore dans son château en se disant
sans cesse : mais quand est-ce que quelqu'un va venir me délivrer? Quand
ma princesse charmante va-t-elle venir escalader le dongeon pour briser
mes chaînes?

Le prince en réalité était prisonnier à cause de son méchant beau-père.
La reine, sa mère, avait perdu son premier époux lors d'un tragique accident
de chasse. En secondes noces, elle avait épousé un seigneur cupide et
arrogant, qui craignait l'influence grandissante du jeune prince sur le trône,
et l'ombrage qu'il pourrait lui faire. Il l'avait donc fait enfermer dès l'âge de
18 ans, afin qu'il ne puisse pas tenter de prendre le trône.

Le prince se morfondait dans la tour. Il jouait aux échecs.
Par la petite lucarne qui apportait une faible lumière dans son cachot,
aménagé en chambre avec une table pour écrire, il pouvait voir, les jours où le
brouillard ne recouvrait pas la lande, le paysage au delà de la muraille de ronces
qui entourait le château.
Le prince regardait au loin, et il rêvait à la princesse qui viendrait le délivrer.
Il savait, car on lui avait raconté des contes dans son enfance, que les per-
sonnes dans les tours sont toujours délivrées, et qu'elles finissent par se marier,
être heureuses avec beaucoup d'enfants. Alors le prince attendait.



Par delà les monts et les vaux, une princesse chevauchait son fier destrier.
Dès l'âge de 10 ans, on l'avait instruite dans l'art de la guerre, et à ses 16 ans,
elle avait reçu une cuirasse ainsi qu'un heaume. Sa mère lui avait offert l'épée
du ciel : une arme inestimable léguée par son père, décédé d'une
pneumonie.

La princesse avait quitté son royaume à l'âge de la maturité, 18 ans, pour
rechercher son prince charmant et combattre les ennemis du royaume.

La princesse était solitaire. Elle savait où trouver dans la forêt des endroits
sûrs et au sec pour dormir, des baies pour se nourrir, de l'herbe grasse et
de l'eau pour sa monture.
Elle savait seller son cheval, lui fabriquer un harnais de fortune lorsque les
rênes du sien se rompaient, et surtout, la princesse savait se battre contre
les bêtes et les vilains qui rôdaient la nuit et pouvaient l'assaillir.
Elle portait l'épée au côté et chevauchait comme un homme.

Un jour, la princesse aperçut un château entouré d'une haute muraille de
ronces. Intriguée, elle attacha sa monture à un arbre, en prenant bien soin
de lui laisser de la longe pour qu'elle puisse paître, et elle s'enfonça dans
le buisson épineux, se taillant un chemin avec son épée à travers les volutes
des branches.



La princesse mit deux jours entiers pour traverser la muraille de ronces.
Lorsqu'enfin elle vit une clairière qui débouchait sur le château, elle transpirait
à grosses gouttes et son visage, ses bras étaient recouverts d'ecchymoses, de
griffures et de sang. Ses longs cheveux s'étaient échappés de leur filet et ses
culottes étaient déchirées.

Toujours intriguée, la princesse poursuivit néanmoins son chemin, en prenant
bien garde de n'alerter personne.
Elle passa devant deux gardes endormis, car c'était l'aube.
Des nappes de brouillard dissimulaient partiellement sa silhouette menue, qui
se glissa jusqu'à la tour.

Irrésistiblement, la princesse se sentait attirée par cette tour. Elle sentait qu'il
fallait qu'elle aille délivrer la personne enfermée à l'intérieur, qu'elle devinait
être tout en haut.
Mais comment atteindre la petite lucarne qu'elle apercevait?
D'ordinaire, dans les contes, c'était la partie la plus délicate.

Habituellement la princesse, enfermée dans la tour depuis des lustres, avait eu
bien le temps de se laisser pousser les cheveux. Elle les déroulait alors jusques
en bas de la tour, pour que le prince puisse s'en servir comme d'une corde et y
monter.

Mais dans ce cas précis, la personne enfermée était un homme.
Malheureusement pour la princesse, le coiffeur passait régulièrement voir son
prisonnier et il avait bien les cheveux mi-longs, mais c'était insuffisant par
rapport à l'immensité de la hauteur de la tour.
Le prince avait bien une barbe, mais c'était une barbe de trois jours. Pas de
chance non plus de ce côté là.



La princesse appela le prince, en chuchottant mais assez fort pour qu'il l'entende :

"Prince ! Prince ! "
(Pas de réponse. Le prince dormait.)

"Prince ! Prince ! "
(Toujours pas de réponse.)

"IMBÉCILE!" (Cette fois elle avait crié.) Le prince pencha sa tête à travers la lucarne.
"Qui va là?
- C'est moi, Imbécile ! La princesse qui vient te sauver !
- La princesse qui... Oh ! Mais alors, c'était donc vrai ?
- Oui Imbécile, et ne parle pas si fort tu vas réveiller tous les gardes ! "

Comme la princesse était ingénieuse, elle pensa qu'il lui suffisait, pour délivrer le
prince, de dérouler ses cheveux à l'envers, afin que lui, en les coinçant par exemple
sous un objet de son cachot, puisse s'en servir comme d'une échelle pour descendre.

Elle passa donc la demie-heure suivante à essayer de faire comprendre au prince son
plan, puis à le mettre à exécution.
Au bout de 8 tentatives, le prince réussit à saisir l'extrémité de ses cheveux qu'elle lui
avait lancée, et il l'attacha à un pied de la lourde table en chêne de son cachot.

"Il va falloir que je descende le long de ce truc ?
- Oui ! répondit la princesse qui perdait patience.
   Et grouille-toi, aussi !
- Mais si tes cheveux cassent? Et si je glisse? Et si les gardes nous surprennent?
- Dépêche-toi ou je m'en vais, Prince Stupide !
- Bon d'accord, je descends. "

En tremblant, le prince enjamba la petite lucarne.
Il essayait de ne pas regarder en bas.
Tout se passa bien jusqu'à ce qu'il tombe, 5 mètres avant la fin. Heureusement, sa
chute fut amortie par un tapis de mousse et de feuillages plutôt moëlleux.

        

En le voyant dans cet état, crotté, la mise défaite, avec sa barbe de 3 jours et pâle
comme un linge de la descente, la princesse décida de passer l'étape du baiser.

"Plus tard", se dit-elle.

Elle trancha ensuite ses cheveux avec son épée, ce qui fait qu'elle ressemblait tout
à fait à un garçon à présent.
Le prince, lui, allait se trouver mal. Il n'avait pas vraiment mangé depuis 2 jours, car il
finissait un ouvrage de tapisserie commandé par sa mère, et qu'il avait oublié de se nourrir,
pressé qu'il était d'y apporter la touche finale.



Le prince, chevauchant derrière la princesse, lui glissa :
"Tu en as mis, du temps. Je ne pensais pas que tu allais venir."
La princesse se vexa. "Si tu crois que tu étais facile à trouver ! J'ai parcouru toute
la campagne à ta recherche, pour finalement te trouver ici. Que veux-tu faire à présent ?"

Le prince réfléchit.

"Gouverner le royaume, je pense.
Je vais lever une armée, et essayer d'aller récupérer le trône qui me revient de droit.
Je dois tuer ce mécréant qui se prétend mon père et ..."

La princesse ne le laissa pas finir.

"Quoi? Tu ne désires pas la paix, la tranquillité, le repos après toutes ces années passées
  au cachot?
- Il n'est rien de plus doux à imaginer pour moi que la vengeance.
  Et je dois sauver ma mère des griffes de ce vilain. "

C'est alors que la princesse prit sa décision.
Quelques jours plus tard, elle mena le prince qu'elle avait délivré à la grotte du dragon,
où il fut dévoré, faute de savoir manier une épée.



En remontant sur son cheval, la princesse pensa :
"Imbécile."

C'était le nom du prince.

En conséquence, ils ne se marièrent pas, ne vécurent pas heureux et n'eurent pas d'enfants.

                        
               
                                                                      FIN.







Texte et illustrations de S.Laibe. (2009)
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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 21:44

    Voici une petite histoire,
    Ecrite par ma maman,
    Que j'ai illustrée et fabriquée,
    Toute en paillettes...
    (Je vous ai dit que les filles aiment bien les paillettes)
    Elle date de 2004.

  


  

(C'était un cadeau à petit mon frère pour la naissance de sa fille, curieux va)

   

  
   
                  

  

                

   

             

 

              

 

                 

 

              

 

      

(La "saucisse touch" sur le quatrième de couverture... hi hi)
ça vous a plu?
J'irai le dire à ma mère, na !

Bises
So6


Ps : dsl pour la qualité des photos. Mon appareil fait des belles photos, c'est
la qualité overblog qui est pourrite.
Ps 2 : Il y a une faute d 'orthographe dans ce conte. Sauras-tu la retrouver?


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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 20:55

Les amis, vous n'êtes pas sans savoir que c'est bientôt Noël...Comme chaque

année, j'ai écrit un conte, que je dédie à tous mes neveux, (y en a 4), mais aussi

aux enfants grands et petits de tous mes amis. J'espère qu'il leur plaira; et aussi

à leurs parents...

(Pour ceux qui ont pas d'enfants chouette, rejoignez moi au bar on va fumer des

clopes en écoutant de la bonne musique et en buvant des coups...hem.)

 

           

      Le Grand Chêne.


 

                             Conte sur le déracinement.

                        Texte et illustrations de Saucisse.



Il était une fois, un arbre.

C'était un grand chêne majestueux, qui était déjà adulte depuis

des années.


L'arbre était enraciné dans un grand champ pierreux, balayé par

les vents, et ses grandes branches, bien que très longues et très

hautes, ne produisaient pas beaucoup de feuilles.


Il faut vous dire que pour un arbre, les feuilles sont comme les

poumons du corps humain. Du coup, l'arbre avait un grand corps

et de grands bras, mais il ne respirait pas très bien.


La bise glacée, les rares apparitions du soleil n'y changeaient

rien : "Te-heu, Te-heu", toussotait l'arbre chaque fois qu'il entrait

en conversation avec, soit les petits écureuils qui passaient par là,

soit les rares oiseaux qui se posaient sur ses grandes branches.






Il avait toujours l'air souffreteux, malade, même au printemps

quand tout renaît et fleurit.

Du coup, les petits insectes malfaisants et les champignons de moi-

sissure profitaient de son état de faiblesse et élisaient domicile

sur son grand tronc recouvert d'écorce.


Les oiseaux, les papillons se moquaient bien du grand chêne

malade : comment auraient-ils pu s'y loger, alors qu'il n'avait

que quelques feuilles éparses, de-ci, de-là?


Les petits oiseaux avaient besoin d'être cachés par le feuillage,

et les papillons de jour n'aimaient pas poser leurs pattes délicates

sur les gros grains durs de son écorce.

Eux ce qu'ils aimaient, c'était sentir le velouté de la feuille sous

leurs pattes...Mais les feuilles de ce chêne là, étaient minuscules

et toutes dures. Alors, les papillons, les écureuils, les oiseaux

allaient se loger ailleurs.


Cela rendait le grand chêne encore plus triste.

"Te-heu, Te-heu. Mais pourquoi, se disait-il, suis-je si seul? Les oi-

seaux et les papillons ne se posent pas sur mes branches. Le soleil

ne me réchauffe pas, et le vent glacé me brise. Je suis si malheureux.

Je n'ai pas de feuilles. Je ne sers à rien dans la nature où tout chante,

tout vit. Je suis une erreur !"


 Seuls les papillons de nuit, petits êtres craintifs se posaient par-

 fois sur lui. Mais les papillons de nuit accompagnent souvent les
idées noires : c'est pour ça que leurs ailes sont toujours toutes
blanches, ou blanches et noires.





Une nuit, le grand chêne ne dormait pas.


Au contraire, il avait les yeux grand ouverts et il regardait le ciel.
C'était la nuit de la Saint-Sylvestre.


L'air était glacé et le ciel une immense voûte étoilée au dessus de lui.


Le grand chêne avait plus froid que jamais. Il sentait tout son être

s'engourdir lentement, comme s'il perdait petit à petit de sa vigueur,

comme si les forces le quittaient.

Il sentait la sève qui d'ordinaire le réchauffait et le faisait grandir,

se figer en lui, et ses petites feuilles maigrelettes se cristallisaient

de froid en tremblant.


Le grand chêne pensa : "Te-heu, Te-heu. Les forces me quittent. Je

crois que je vais mourir cette nuit. Que j'ai froid...Que je voudrais

que le jour se lève...Juste encore une fois... Voir l'aube une dernière
fois..."



Il regarda les étoiles, qui lui semblaient plus innombrables et plus

lumineuses que jamais. A travers ses paupières mi-closes, il voyait

les petites pierres du champ prendre une teinte grise et bleutée,

et pour la première fois il remarqua comme la nuit était belle.





Tout au loin à l'horizon, on voyait une faible lueur, minuscule, viola

cée, se répandre comme une onde au ras du sol.

C'est le début de l'aurore, se dit l'arbre.

"Oh, la voir encore..."


A mesure qu'il voyait l'onde se répandre, l'arbre sentit son coeur

battre plus fort. Le désir de voir la lumière une dernière fois faisait s'emballer son coeur usé.


Son coeur se mit à grossir, grossir en même temps que la lueur deve-

nait violette, puis mauve, puis rose, puis orange, puis jaune très clair et levait un voile de plus en plus grand sur le ciel toujours rempli d'étoiles.

"Voir l'aurore...Tenir jusqu'à l'Aurore, encore..." se disait l'arbre.


A mesure que son coeur grossissait, et battait plus vite, il envoyait
de la sève brûlante dans son tronc et dans ses branches et réchauf

fait son grand corps perclus de douleurs.



        


Bientôt, le grand chêne sentit monter en lui une force qu'il ne

connaissait pas. Son coeur battait, battait fort. Jamais il ne l'

avait entendu auparavant mais cette fois, les coups réguliers

résonnaient à ses oreilles. De tout courbé qu'il était, le grand

chêne se redressa et étira ses longues branches vers le ciel

qui pâlissait.


"Mais qu'est-ce qui m'arrive?" Se dit le grand arbre.


Bientôt, le premier chant d'oiseau retentit. Le chêne était tout

étonné d'être éveillé et encore en vie pour l'entendre.


En ce matin tout neuf, il eût l'impression de voir pour la première

fois le monde qui l'entourait. Un champ tout pierreux, tout gris.

Quelques touffes d'herbe jaune, autour de lui. Pas de mousse.

Pas de petit ruisseau chantonnant gaiment dans le matin. Pas de

rayons de soleil qui auraient réchauffé sa grande carcasse. Pas de

petits rongeurs, de chenilles, pas de familles de musaraignes ou

de mulots. Que des insectes noirs, traînant leur lourde carapace

et leurs pinces menaçantes à ses pieds. Que des champignons vé

néneux, des mauvaises herbes, des plantes parasites dont l'acidi

té sur son écorce lui faisait mal au tronc.


Alors le grand chêne se mit à réfléchir.

Pour la première fois, il se dit. "Je suis vivant. Je suis un beau,

grand chêne. Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas être glacé

par le vent mauvais. Je veux vivre. Je veux que le soleil inonde

mon feuillage, et réchauffe mon tronc. je veux que les petits oi

seaux viennent construire leur maison dans mes branches. Car

je suis un beau, grand chêne."


Alors, avec sa force nouvelle qui venait on ne sait d'où, le grand

chêne fit un effort monumental pour s'arracher du sol.

C'était très dur, car ses racines plongeaient très profondément

dans la terre froide.


Après un très gros effort, le grand chêne y parvint.

Il se mit à marcher en direction du soleil.

Il était tellement impatient qu'il se mit à courir pour essayer de

le rattraper.


Le grand chêne ne se retourna même pas pour regarder une der

nière fois le champ pierreux où il avait habité. Il ne dit pas au-re

voir à ses amis, car depuis tout le temps où il avait habité dans ce

champ, il se rendit compte qu'il n'avait même pas réussi à se faire

des amis.





Il marcha, marcha, marcha, toute la journée, en direction du soleil.

Et puis le soleil commença à décliner. Il peignait tout d'une couleur

orangée, qui éclaboussait le grand arbre et le faisait vibrer de plaisir.


Et puis, lorsque le soleil toucha le sol, l'arbre s'arrêta de marcher.

Il était arrivé à un endroit vallonné et verdoyant, avec une petite

rivière qu'il entendait couler pas loin de là. Il regarda le sol : pas

une pierre en vue. De la bonne herbe grasse et même des petites

fleurs en train de se refermer et de s'apprêter pour la nuit.


A un moment, le grand chêne vit même un lièvre passer à quelques

mètres de lui dans les hautes herbes.


Personne ne s'étonnait de sa présence.

Epuisé, le grand chêne s'endormit.


Lorsqu'il se réveilla, quelle ne fut pas sa surprise de voir que ses

pieds avaient déjà pris racine dans le sol !

La terre sous lui était délicieusement rafraîchissante.

Le soleil chauffait le dessus de ses branches.

La douce brise agitait ses petites feuilles qui se dépliaient

délicatement, comme une chevelure verdoyante que le ciel aurait

caressée de sa main ondoyante.


Le grand arbre soupira. Un grand soupir qui venait du plus profond

de son coeur. "Je suis si bien ici". (Pour la première fois le grand

chêne remarqua qu'il ne toussait plus.)


Petit à petit, le grand chêne prit racine.

Chaque jour de nouvelles petites feuilles naissaient sur ses bran

ches et il se sentait de mieux en mieux. Il respirait mieux que

jamais.


Comme il respirait mieux, le grand chêne devenait de plus en plus

beau, et de plus en plus vert.

Et c'est ainsi que le grand chêne se fit des amis.

D'abord, ce fut une colonie de fourmis qui le trouva très pratique

et qui aménagea des petits rangements sous son écorce. Ca le cha

touillait bien un peu, mais le grand chêne était drôlement fier d'hé

berger quelqu'un.


Et puis, deux écureuils vinrent le visiter.

Tout de suite, ils emménagèrent au troisième étage, à la base des

branches. Ils se chamaillaient souvent pour des questions de noi

settes mal rangées, mais le grand chêne riait intérieurement en

entendant leurs petits cris aigüs.


Enfin, un couple d'oiseaux très amoureux vint élire domicile sur

ses plus hautes branches. L'arbre fit des efforts pour faire pous

ser plein de feuilles autour de leur nid, pour bien cacher et proté

ger les petits.





Et c'est ainsi que le beau grand chêne prospéra.

Il vécut plus de 250 ans et on ne trouvait pas d'arbre plus grand

et plus beau que lui à la ronde. Il eût même d'autres amis arbres

(ce qui ne lui était jamais arrivé auparavant) et des enfants.


Et chaque année, à la Saint Sylvestre, le grand chêne veillait.

Sous l'immense voûte étoilée, il regardait le miroitement infini du

ciel, et il attendait l'aube, en souvenir de cette nuit glacée qui avait

tout changé dans sa vie.



                                             FIN


Pour lire (ou relire) le conte de noël de l'année dernière :

                   (Cliquez sur le lien ci-dessous)

 

                                       SAUCIFLETTE

                     

                                                     






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