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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 15:50
Salut les amis.
Cette nuit, j'ai fait une insomnie.
Je fais souvent des insomnies, j'arrive pas à dormir parce que je
réfléchis à mon avenir (ou à mon absence de.)
Cette nuit, l'encre a coulé de mon stylo, toute seule, et j'ai écrit
un conte.

Seul problème, euuh... je ne suis pas sûre que ce soit un conte pour les
enfants... Ou alors, les grands enfants... Je vous laisse seuls juges...
Bonne lecture.



     LE CONTE DE FÉE À L'ENVERS,
              ou le Prince Imbécile.


Il était une fois, un château.
Le chäteau était entouré de ronces, ce qui le rendait inatteignable, et dans
ce chateau était enfermée une personne.
Mais, au lieu d'être une princesse, l'être qui était enfermé était un homme.
Plus exactement, c'était un prince.

 

Le prince tournait en rond, encore et encore dans son château en se disant
sans cesse : mais quand est-ce que quelqu'un va venir me délivrer? Quand
ma princesse charmante va-t-elle venir escalader le dongeon pour briser
mes chaînes?

Le prince en réalité était prisonnier à cause de son méchant beau-père.
La reine, sa mère, avait perdu son premier époux lors d'un tragique accident
de chasse. En secondes noces, elle avait épousé un seigneur cupide et
arrogant, qui craignait l'influence grandissante du jeune prince sur le trône,
et l'ombrage qu'il pourrait lui faire. Il l'avait donc fait enfermer dès l'âge de
18 ans, afin qu'il ne puisse pas tenter de prendre le trône.

Le prince se morfondait dans la tour. Il jouait aux échecs.
Par la petite lucarne qui apportait une faible lumière dans son cachot,
aménagé en chambre avec une table pour écrire, il pouvait voir, les jours où le
brouillard ne recouvrait pas la lande, le paysage au delà de la muraille de ronces
qui entourait le château.
Le prince regardait au loin, et il rêvait à la princesse qui viendrait le délivrer.
Il savait, car on lui avait raconté des contes dans son enfance, que les per-
sonnes dans les tours sont toujours délivrées, et qu'elles finissent par se marier,
être heureuses avec beaucoup d'enfants. Alors le prince attendait.



Par delà les monts et les vaux, une princesse chevauchait son fier destrier.
Dès l'âge de 10 ans, on l'avait instruite dans l'art de la guerre, et à ses 16 ans,
elle avait reçu une cuirasse ainsi qu'un heaume. Sa mère lui avait offert l'épée
du ciel : une arme inestimable léguée par son père, décédé d'une
pneumonie.

La princesse avait quitté son royaume à l'âge de la maturité, 18 ans, pour
rechercher son prince charmant et combattre les ennemis du royaume.

La princesse était solitaire. Elle savait où trouver dans la forêt des endroits
sûrs et au sec pour dormir, des baies pour se nourrir, de l'herbe grasse et
de l'eau pour sa monture.
Elle savait seller son cheval, lui fabriquer un harnais de fortune lorsque les
rênes du sien se rompaient, et surtout, la princesse savait se battre contre
les bêtes et les vilains qui rôdaient la nuit et pouvaient l'assaillir.
Elle portait l'épée au côté et chevauchait comme un homme.

Un jour, la princesse aperçut un château entouré d'une haute muraille de
ronces. Intriguée, elle attacha sa monture à un arbre, en prenant bien soin
de lui laisser de la longe pour qu'elle puisse paître, et elle s'enfonça dans
le buisson épineux, se taillant un chemin avec son épée à travers les volutes
des branches.



La princesse mit deux jours entiers pour traverser la muraille de ronces.
Lorsqu'enfin elle vit une clairière qui débouchait sur le château, elle transpirait
à grosses gouttes et son visage, ses bras étaient recouverts d'ecchymoses, de
griffures et de sang. Ses longs cheveux s'étaient échappés de leur filet et ses
culottes étaient déchirées.

Toujours intriguée, la princesse poursuivit néanmoins son chemin, en prenant
bien garde de n'alerter personne.
Elle passa devant deux gardes endormis, car c'était l'aube.
Des nappes de brouillard dissimulaient partiellement sa silhouette menue, qui
se glissa jusqu'à la tour.

Irrésistiblement, la princesse se sentait attirée par cette tour. Elle sentait qu'il
fallait qu'elle aille délivrer la personne enfermée à l'intérieur, qu'elle devinait
être tout en haut.
Mais comment atteindre la petite lucarne qu'elle apercevait?
D'ordinaire, dans les contes, c'était la partie la plus délicate.

Habituellement la princesse, enfermée dans la tour depuis des lustres, avait eu
bien le temps de se laisser pousser les cheveux. Elle les déroulait alors jusques
en bas de la tour, pour que le prince puisse s'en servir comme d'une corde et y
monter.

Mais dans ce cas précis, la personne enfermée était un homme.
Malheureusement pour la princesse, le coiffeur passait régulièrement voir son
prisonnier et il avait bien les cheveux mi-longs, mais c'était insuffisant par
rapport à l'immensité de la hauteur de la tour.
Le prince avait bien une barbe, mais c'était une barbe de trois jours. Pas de
chance non plus de ce côté là.



La princesse appela le prince, en chuchottant mais assez fort pour qu'il l'entende :

"Prince ! Prince ! "
(Pas de réponse. Le prince dormait.)

"Prince ! Prince ! "
(Toujours pas de réponse.)

"IMBÉCILE!" (Cette fois elle avait crié.) Le prince pencha sa tête à travers la lucarne.
"Qui va là?
- C'est moi, Imbécile ! La princesse qui vient te sauver !
- La princesse qui... Oh ! Mais alors, c'était donc vrai ?
- Oui Imbécile, et ne parle pas si fort tu vas réveiller tous les gardes ! "

Comme la princesse était ingénieuse, elle pensa qu'il lui suffisait, pour délivrer le
prince, de dérouler ses cheveux à l'envers, afin que lui, en les coinçant par exemple
sous un objet de son cachot, puisse s'en servir comme d'une échelle pour descendre.

Elle passa donc la demie-heure suivante à essayer de faire comprendre au prince son
plan, puis à le mettre à exécution.
Au bout de 8 tentatives, le prince réussit à saisir l'extrémité de ses cheveux qu'elle lui
avait lancée, et il l'attacha à un pied de la lourde table en chêne de son cachot.

"Il va falloir que je descende le long de ce truc ?
- Oui ! répondit la princesse qui perdait patience.
   Et grouille-toi, aussi !
- Mais si tes cheveux cassent? Et si je glisse? Et si les gardes nous surprennent?
- Dépêche-toi ou je m'en vais, Prince Stupide !
- Bon d'accord, je descends. "

En tremblant, le prince enjamba la petite lucarne.
Il essayait de ne pas regarder en bas.
Tout se passa bien jusqu'à ce qu'il tombe, 5 mètres avant la fin. Heureusement, sa
chute fut amortie par un tapis de mousse et de feuillages plutôt moëlleux.

        

En le voyant dans cet état, crotté, la mise défaite, avec sa barbe de 3 jours et pâle
comme un linge de la descente, la princesse décida de passer l'étape du baiser.

"Plus tard", se dit-elle.

Elle trancha ensuite ses cheveux avec son épée, ce qui fait qu'elle ressemblait tout
à fait à un garçon à présent.
Le prince, lui, allait se trouver mal. Il n'avait pas vraiment mangé depuis 2 jours, car il
finissait un ouvrage de tapisserie commandé par sa mère, et qu'il avait oublié de se nourrir,
pressé qu'il était d'y apporter la touche finale.



Le prince, chevauchant derrière la princesse, lui glissa :
"Tu en as mis, du temps. Je ne pensais pas que tu allais venir."
La princesse se vexa. "Si tu crois que tu étais facile à trouver ! J'ai parcouru toute
la campagne à ta recherche, pour finalement te trouver ici. Que veux-tu faire à présent ?"

Le prince réfléchit.

"Gouverner le royaume, je pense.
Je vais lever une armée, et essayer d'aller récupérer le trône qui me revient de droit.
Je dois tuer ce mécréant qui se prétend mon père et ..."

La princesse ne le laissa pas finir.

"Quoi? Tu ne désires pas la paix, la tranquillité, le repos après toutes ces années passées
  au cachot?
- Il n'est rien de plus doux à imaginer pour moi que la vengeance.
  Et je dois sauver ma mère des griffes de ce vilain. "

C'est alors que la princesse prit sa décision.
Quelques jours plus tard, elle mena le prince qu'elle avait délivré à la grotte du dragon,
où il fut dévoré, faute de savoir manier une épée.



En remontant sur son cheval, la princesse pensa :
"Imbécile."

C'était le nom du prince.

En conséquence, ils ne se marièrent pas, ne vécurent pas heureux et n'eurent pas d'enfants.

                        
               
                                                                      FIN.







Texte et illustrations de S.Laibe. (2009)

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commentaires

martin 02/03/2009 17:40

ben moi elle m'a lourder cette histoire...aucun interetsi les petits dessins son cool..sans deconner il se passe des trucs de fou dans vos tetes les filles. Courage, je pense qu'il te faudrai prendre un rdv avec un psy..Que cette histoire veut elle dire??

saucisse 02/03/2009 19:12


bon ben déjà t'as compris qu'il y avait une lecture au niveau freudien, c'est déjà ça... forcément,  c'est pas une histoire faite pour plaire aux garçons ... hahaha !
merci quand même pour tes compliments sur les dessins. Tu connais un bon psy?


Nicole 01/03/2009 18:47

j'aime beaucoup l'idée d'écrire un conte en prenant le contre-pied d'un autre! bravo! et si tu as d'autres insomnies (ce que je ne te souhaite pas!!) tu peux recommencer. je te souhaite quand même une bonne nuit!!

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