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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 20:55

Les amis, vous n'êtes pas sans savoir que c'est bientôt Noël...Comme chaque

année, j'ai écrit un conte, que je dédie à tous mes neveux, (y en a 4), mais aussi

aux enfants grands et petits de tous mes amis. J'espère qu'il leur plaira; et aussi

à leurs parents...

(Pour ceux qui ont pas d'enfants chouette, rejoignez moi au bar on va fumer des

clopes en écoutant de la bonne musique et en buvant des coups...hem.)

 

           

      Le Grand Chêne.


 

                             Conte sur le déracinement.

                        Texte et illustrations de Saucisse.



Il était une fois, un arbre.

C'était un grand chêne majestueux, qui était déjà adulte depuis

des années.


L'arbre était enraciné dans un grand champ pierreux, balayé par

les vents, et ses grandes branches, bien que très longues et très

hautes, ne produisaient pas beaucoup de feuilles.


Il faut vous dire que pour un arbre, les feuilles sont comme les

poumons du corps humain. Du coup, l'arbre avait un grand corps

et de grands bras, mais il ne respirait pas très bien.


La bise glacée, les rares apparitions du soleil n'y changeaient

rien : "Te-heu, Te-heu", toussotait l'arbre chaque fois qu'il entrait

en conversation avec, soit les petits écureuils qui passaient par là,

soit les rares oiseaux qui se posaient sur ses grandes branches.






Il avait toujours l'air souffreteux, malade, même au printemps

quand tout renaît et fleurit.

Du coup, les petits insectes malfaisants et les champignons de moi-

sissure profitaient de son état de faiblesse et élisaient domicile

sur son grand tronc recouvert d'écorce.


Les oiseaux, les papillons se moquaient bien du grand chêne

malade : comment auraient-ils pu s'y loger, alors qu'il n'avait

que quelques feuilles éparses, de-ci, de-là?


Les petits oiseaux avaient besoin d'être cachés par le feuillage,

et les papillons de jour n'aimaient pas poser leurs pattes délicates

sur les gros grains durs de son écorce.

Eux ce qu'ils aimaient, c'était sentir le velouté de la feuille sous

leurs pattes...Mais les feuilles de ce chêne là, étaient minuscules

et toutes dures. Alors, les papillons, les écureuils, les oiseaux

allaient se loger ailleurs.


Cela rendait le grand chêne encore plus triste.

"Te-heu, Te-heu. Mais pourquoi, se disait-il, suis-je si seul? Les oi-

seaux et les papillons ne se posent pas sur mes branches. Le soleil

ne me réchauffe pas, et le vent glacé me brise. Je suis si malheureux.

Je n'ai pas de feuilles. Je ne sers à rien dans la nature où tout chante,

tout vit. Je suis une erreur !"


 Seuls les papillons de nuit, petits êtres craintifs se posaient par-

 fois sur lui. Mais les papillons de nuit accompagnent souvent les
idées noires : c'est pour ça que leurs ailes sont toujours toutes
blanches, ou blanches et noires.





Une nuit, le grand chêne ne dormait pas.


Au contraire, il avait les yeux grand ouverts et il regardait le ciel.
C'était la nuit de la Saint-Sylvestre.


L'air était glacé et le ciel une immense voûte étoilée au dessus de lui.


Le grand chêne avait plus froid que jamais. Il sentait tout son être

s'engourdir lentement, comme s'il perdait petit à petit de sa vigueur,

comme si les forces le quittaient.

Il sentait la sève qui d'ordinaire le réchauffait et le faisait grandir,

se figer en lui, et ses petites feuilles maigrelettes se cristallisaient

de froid en tremblant.


Le grand chêne pensa : "Te-heu, Te-heu. Les forces me quittent. Je

crois que je vais mourir cette nuit. Que j'ai froid...Que je voudrais

que le jour se lève...Juste encore une fois... Voir l'aube une dernière
fois..."



Il regarda les étoiles, qui lui semblaient plus innombrables et plus

lumineuses que jamais. A travers ses paupières mi-closes, il voyait

les petites pierres du champ prendre une teinte grise et bleutée,

et pour la première fois il remarqua comme la nuit était belle.





Tout au loin à l'horizon, on voyait une faible lueur, minuscule, viola

cée, se répandre comme une onde au ras du sol.

C'est le début de l'aurore, se dit l'arbre.

"Oh, la voir encore..."


A mesure qu'il voyait l'onde se répandre, l'arbre sentit son coeur

battre plus fort. Le désir de voir la lumière une dernière fois faisait s'emballer son coeur usé.


Son coeur se mit à grossir, grossir en même temps que la lueur deve-

nait violette, puis mauve, puis rose, puis orange, puis jaune très clair et levait un voile de plus en plus grand sur le ciel toujours rempli d'étoiles.

"Voir l'aurore...Tenir jusqu'à l'Aurore, encore..." se disait l'arbre.


A mesure que son coeur grossissait, et battait plus vite, il envoyait
de la sève brûlante dans son tronc et dans ses branches et réchauf

fait son grand corps perclus de douleurs.



        


Bientôt, le grand chêne sentit monter en lui une force qu'il ne

connaissait pas. Son coeur battait, battait fort. Jamais il ne l'

avait entendu auparavant mais cette fois, les coups réguliers

résonnaient à ses oreilles. De tout courbé qu'il était, le grand

chêne se redressa et étira ses longues branches vers le ciel

qui pâlissait.


"Mais qu'est-ce qui m'arrive?" Se dit le grand arbre.


Bientôt, le premier chant d'oiseau retentit. Le chêne était tout

étonné d'être éveillé et encore en vie pour l'entendre.


En ce matin tout neuf, il eût l'impression de voir pour la première

fois le monde qui l'entourait. Un champ tout pierreux, tout gris.

Quelques touffes d'herbe jaune, autour de lui. Pas de mousse.

Pas de petit ruisseau chantonnant gaiment dans le matin. Pas de

rayons de soleil qui auraient réchauffé sa grande carcasse. Pas de

petits rongeurs, de chenilles, pas de familles de musaraignes ou

de mulots. Que des insectes noirs, traînant leur lourde carapace

et leurs pinces menaçantes à ses pieds. Que des champignons vé

néneux, des mauvaises herbes, des plantes parasites dont l'acidi

té sur son écorce lui faisait mal au tronc.


Alors le grand chêne se mit à réfléchir.

Pour la première fois, il se dit. "Je suis vivant. Je suis un beau,

grand chêne. Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas être glacé

par le vent mauvais. Je veux vivre. Je veux que le soleil inonde

mon feuillage, et réchauffe mon tronc. je veux que les petits oi

seaux viennent construire leur maison dans mes branches. Car

je suis un beau, grand chêne."


Alors, avec sa force nouvelle qui venait on ne sait d'où, le grand

chêne fit un effort monumental pour s'arracher du sol.

C'était très dur, car ses racines plongeaient très profondément

dans la terre froide.


Après un très gros effort, le grand chêne y parvint.

Il se mit à marcher en direction du soleil.

Il était tellement impatient qu'il se mit à courir pour essayer de

le rattraper.


Le grand chêne ne se retourna même pas pour regarder une der

nière fois le champ pierreux où il avait habité. Il ne dit pas au-re

voir à ses amis, car depuis tout le temps où il avait habité dans ce

champ, il se rendit compte qu'il n'avait même pas réussi à se faire

des amis.





Il marcha, marcha, marcha, toute la journée, en direction du soleil.

Et puis le soleil commença à décliner. Il peignait tout d'une couleur

orangée, qui éclaboussait le grand arbre et le faisait vibrer de plaisir.


Et puis, lorsque le soleil toucha le sol, l'arbre s'arrêta de marcher.

Il était arrivé à un endroit vallonné et verdoyant, avec une petite

rivière qu'il entendait couler pas loin de là. Il regarda le sol : pas

une pierre en vue. De la bonne herbe grasse et même des petites

fleurs en train de se refermer et de s'apprêter pour la nuit.


A un moment, le grand chêne vit même un lièvre passer à quelques

mètres de lui dans les hautes herbes.


Personne ne s'étonnait de sa présence.

Epuisé, le grand chêne s'endormit.


Lorsqu'il se réveilla, quelle ne fut pas sa surprise de voir que ses

pieds avaient déjà pris racine dans le sol !

La terre sous lui était délicieusement rafraîchissante.

Le soleil chauffait le dessus de ses branches.

La douce brise agitait ses petites feuilles qui se dépliaient

délicatement, comme une chevelure verdoyante que le ciel aurait

caressée de sa main ondoyante.


Le grand arbre soupira. Un grand soupir qui venait du plus profond

de son coeur. "Je suis si bien ici". (Pour la première fois le grand

chêne remarqua qu'il ne toussait plus.)


Petit à petit, le grand chêne prit racine.

Chaque jour de nouvelles petites feuilles naissaient sur ses bran

ches et il se sentait de mieux en mieux. Il respirait mieux que

jamais.


Comme il respirait mieux, le grand chêne devenait de plus en plus

beau, et de plus en plus vert.

Et c'est ainsi que le grand chêne se fit des amis.

D'abord, ce fut une colonie de fourmis qui le trouva très pratique

et qui aménagea des petits rangements sous son écorce. Ca le cha

touillait bien un peu, mais le grand chêne était drôlement fier d'hé

berger quelqu'un.


Et puis, deux écureuils vinrent le visiter.

Tout de suite, ils emménagèrent au troisième étage, à la base des

branches. Ils se chamaillaient souvent pour des questions de noi

settes mal rangées, mais le grand chêne riait intérieurement en

entendant leurs petits cris aigüs.


Enfin, un couple d'oiseaux très amoureux vint élire domicile sur

ses plus hautes branches. L'arbre fit des efforts pour faire pous

ser plein de feuilles autour de leur nid, pour bien cacher et proté

ger les petits.





Et c'est ainsi que le beau grand chêne prospéra.

Il vécut plus de 250 ans et on ne trouvait pas d'arbre plus grand

et plus beau que lui à la ronde. Il eût même d'autres amis arbres

(ce qui ne lui était jamais arrivé auparavant) et des enfants.


Et chaque année, à la Saint Sylvestre, le grand chêne veillait.

Sous l'immense voûte étoilée, il regardait le miroitement infini du

ciel, et il attendait l'aube, en souvenir de cette nuit glacée qui avait

tout changé dans sa vie.



                                             FIN


Pour lire (ou relire) le conte de noël de l'année dernière :

                   (Cliquez sur le lien ci-dessous)

 

                                       SAUCIFLETTE

                     

                                                     






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commentaires

Wymn 23/05/2010 13:53



Franchement vous dessiner archi trop biiien et moi j'ai reviser mes verbes irrégulier



bourgeais corine 14/12/2009 23:43


APRES AVOIR LU CETTE BELLE HISTOIRE JE VAIS ALLER FAIRE DES RËVES MERVEILLEUX !CA ME CHANGERA DES CAUCHMARDS ....MERCI CONTINUE D'ECRIRE STP ENCORE UNE HISTOIRE POUR DEMAIN


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